
Depuis les années 80, les surfaces parcourues sont en nette diminution. Chaque année, 15.000 hectares en moyenne sont touchés dans le sud de la France. Mais certaines années peuvent encore enregistrer des bilans supérieurs à 45.000 hectares. Le nombre d’éclosion est quant à lui en trop faible diminution avec 2.500 départs chaque année.
L’incendie touche à des degrès divers l’ensemble des départements de la région. Sur le littoral, la zone rouge, le feu peut passer en moyenne tous les 25 ans. Près des agglomérations, 1 feu par an est enregistré pour 10 km2.
Les feux sont en majorité très vite détectés et circonscrits avant d’avoir causé plus d’un hectare de dégâts. Mais lors d’épisodes de vents forts, et de nombreux départs de feux simultanés, certains incendies peuvent acquérir une très grande vitesse et une puissance alors très difficile à contenir.
L’incendie n’est pas un phénomène récent. C’était même un outil jadis pour gagner des terres sur la forêt. Aujourd’hui encore, le feu favorise certaines plantes – on parle de plantes pyrophytes comme le pin ou le chêne kermès – qui, sans lui, ne pourraient se maintenir ou se disséminer.
Face à l’accroissement de la biomasse forestière, à l’uniformisation du couvert forestier et à l’urbanisation qui progresse, le feu menace désormais de vastes étendues de forêts et des zones péri-urbaines. Le risque de grands incendies s’accroît et fait craindre le pire chaque été.
L’incendie cause de lourdes pertes forestières, matérielles et humaines. Depuis 1973, pas moins de 5 millions de m3 de bois, 8.900 hectares de reboisements et plus de 400 véhicules de combats ont été détruits. Près de 60 sauveteurs ont tragiquement perdu la vie, sans compter les paysages anéantis et les écosystèmes gravement perturbés.
Presque toujours, l’incendie a pour origine une cause humaine. L’imprudence est responsable de 8 feux sur 10. Les travaux agricoles et forestiers, les jeux d’enfants et les travaux domestiques sont avec les mégots et les barbecues les premières causes d’éclosions. Loin derrière, la malveillance représente une faible proportion des bilans avec 14% des incendies.
La stratégie en 5 points clés :
Aujourd’hui, en zones sensibles, on doit sur le terrain implanter des pistes, des réserves en eau et des tours de vigie qui seront les plus utiles pour agir vite et en sécurité sur le sinistre. Ces aménagements de Défense des Forêts Contre l’Incendie (DFCI) sont réalisés par les forestiers avec l’ensemble des acteurs sur les massifs. Mais cela ne suffit pas toujours. Pour lutter contre les grands feux et casser leur puissance, de grandes coupures doivent être implantées pour permettre aux sapeurs-pompiers d’agir en toute sécurité.
Les feux démarrent en général aux abords de voies et à la périphérie de villes. Le débroussaillement de ces zones est sans nul doute la meilleure façon de sécuriser les habitations et limiter les risques d’éclosions.
Plantes calcinées, paysages anéantis... pourtant après le feu, il est urgent d’attendre...
Après un incendie, seuls les travaux d’urgence doivent être menés pour freiner les effets de l’érosion. Les branches épargnées par les flammes sont disposées en travers de la pente (fascines). L’abattage des arbres brûlés n’est nécessaire qu’en fonction de la valeur des paysages, des conditions de sécurité des espaces très fréquentés ou de la récolte possible des bois. Deux années seront nécessaires pour laisser la végétation repousser et déterminer les secteurs qui méritent une intervention complémentaire. Sur les terrains brûlés, le reboisement n’est pas indispensable. Si la régénération naturelle est difficile, que les sols sont pauvres et que les arbres porteurs de graines ont disparu, on pourra planter des résineux, seuls capables de coloniser l’espace rapidement. Dans les vallons où le sol est plus épais et frais, les feuillus seront préconisés. Face au risque de nouveaux grands sinistres, on pourra planter des oliviers par exemple sur de grandes coupures agricoles à l’interface entre la ville et la forêt.
> Sur un terrain débroussaillé, le feu passe vite sans grands dommages et le travail des pompiers est facilité. Les moyens de secours peuvent dès lors être mobilisés sur la lutte contre le feu de forêt. Le débroussaillement protège l’habitation et évite des départs de feux accidentels dans les propriétés situées en forêt ou à proximité.
> Tous les abords des constructions situées dans ou à proximité des forêts doivent être débroussaillées sur une profondeur de 50 mètres ainsi que les voies d’accès sur une largeur de 10 mètres de part et d’autre.
> Les travaux sont à la charge du propriétaire de l’habitation ou ses ayant droits.
> Les végétaux morts et ceux facilement inflammables comme les bruyères, le romarin, les chênes kermès, lorsque leur masse est trop compacte ou sous de grands arbres, doivent être éliminés. Les arbres dont les cimes ou les branches sont trop proches (moins de 5 m) du toit et des murs seront coupés. Les grands arbres peuvent être conservés à condition qu’ils ne soient pas trop proches (à plus de 5 m) les uns des autres. Il est par ailleurs conseillé de se débarrasser des végétaux coupés par incinération (attention dans ce cas à respecter la réglementation sur l’emploi du feu) ou par broyage.
> Les travaux doivent être réalisés en hiver pour que la propriété soit correctement traitée avant la période à risque du printemps et de l’été.
> Tous les deux ans, pour maintenir correctement le périmètre débroussaillé.
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