
> Dans les pelouses, les garrigues et maquis, les pinèdes ou les forêts de feuillus... la flore régionale compte plus de 3.600 espèces dont près de 720 sont protégées comme le très rare Saxifrage du Mercantour. Un grand nombre de plantes strictement adaptées à la sécheresse estivale côtoient des espèces présentes aussi sur le reste du territoire français.
> Pas moins de 430 espèces animales (hors insectes) sont répertoriées, avec là aussi, un nombre important d’espèces reconnues d’intérêt régional ou communautaire. En hiver, les populations d’oiseaux venus du nord de l’Europe s’ajoutent aux effectifs des sédentaires. Ils profitent alors d’une ressource alimentaire généreuse (baies par exemple) et de températures plus clémentes.
> Avec plus de 20% de son territoire concerné par les sites Natura 2000, la région occupe en France une des toutes premières places pour la biodiversité...
L’objectif est d’identifier un réseau représentatif et cohérent d’espaces permettant d’éviter la disparition de milieux et d’espèces menacés en Europe. En effet, la variété des climats, des paysages et des cultures induit une grande diversité biologique dont le maintien est un facteur clé, en particulier dans les zones rurales, pour un développement durable. L’objectif premier de ce réseau est donc de recenser les activités humaines existantes, qui ont permis jusqu’à aujourd’hui le maintien de cette biodiversité, afin de les conserver et de les soutenir.
> Biodiversité = diversité biologique, diversité génétique, diversité des espèces, diversité des écosystèmes
> La disparition d’une espèce peut avoir de graves conséquences sur l’écosystème et le fonctionnement des chaînes alimentaires. Chaque espèce joue un rôle et occupe une place déterminée dans l’écosystème. Cette organisation plus ou moins complexe résulte d’une longue évolution qui a sélectionné les êtres les mieux adaptés à remplir tel et tel rôle.
En forêt, la distribution verticale et horizontale des arbres, des arbustes et de la strate herbacée, détermine la diversité globale de tout l’écosystème forestier. Dans les peuplements monospécifiques, et certaines futaies régulières très fermées et sans arbres dominés, la diversité est faible. Améliorer la diversité floristique, c’est sans nul doute favoriser le mélange d’espèces ligneuses, l’existence d’une structure étagée, un éclairement direct ou diffus au sol, dû à une canopée perméable, la présence de grandes trouées ou les effets de lisière. Juxtaposer des essences permet de stabiliser les peuplements vis à vis des accidents climatiques ou les ravageurs...
Une espèce rare et vulnérable ne peut se maintenir sans mesure de protection de son habitat et sans un territoire suffisamment dimensionné pour assurer ses besoins en nourriture et en site de reproduction.
La réglementation permet de créer des zones sanctuaires ou de protection spéciale pour les milieux ou les espèces rares et menacés d’intérêt régional ou communautaire.
L’alternative pour le gestionnaire n’est pas de protéger ou d’exploiter, mais de pouvoir concilier la conservation des milieux et leur diversité, de maintenir des unités forestières suffisamment vastes pour les besoins d’une population ou d’une espèce à protéger et d’éviter l’uniformisation ou la banalisation du paysage. Dans les forêts dites de production, la conservation de très vieux arbres sera même favorable à quantité d’insectes xylophages qui participent à la vitalité d’une forêt.
Gestion forestière et diversité animale. À l’échelle d’une forêt, l’avifaune est plus riche en espèces dans les milieux gérés en futaie régulière en raison de la présence d’oiseaux de milieux buissonnants dans les jeunes peuplements, mais à l’échelle d’une parcelle, l’avifaune est plus riche dans les futaies irrégulières. Pour les espèces cavernicoles comme les chouettes, les pics ou les sittelles, il est fondamental de conserver de gros arbres, car ils leur offrent des cavités où elles peuvent faire leur nid.
La forêt joue un rôle de premier plan pour le maintien des sols et des réserves en eau. Elle agit sur le climat et participe activement à la lutte contre l’effet de serre !
> La protection des habitations, des routes, des terres agricoles doit beaucoup à la forêt : ainsi l’action des racines et le couvert des arbres permettent de limiter le risque d’inondation, de ravinement, de glissement de terrain ou de départ d’avalanche. Sans ces forêts de protection qui couvrent dans notre région près du tiers des forêts domaniales, les barrages s’envasent, les sols se dégradent et les ressources en eaux s’amenuisent. Nos activités comme notre cadre de vie sont sous la haute protection des forêts.
> Tout à la fois filtre à air, réservoir d’eau et machine à fabriquer de la matière vivante, la forêt intervient de façon déterminante pour stocker le gaz carbonique responsable des dérèglements climatiques. Les arbres au cours de leur croissance, fixent le carbone dans leurs cellules faites de cellulose et de lignine, constituants essentiels du bois. Les forêts fonctionnent donc comme de véritables puits de carbone.
> À la fin du XIXème siècle, face à la déforestation dramatique des Alpes du sud, l’Etat lance une vaste politique de restauration des terrains en montagne pour lutter contre les débordements des torrents, les coulées de boues et l’érosion des sols.
Ainsi, ce sont près de 60.000 hectares qui seront reboisés et des dizaines d’ouvrages de correction des torrents réalisés. Les montagnes se couvrent dès lors de forêts de protection plantées en Pins Noirs. Avec la déprise agricole de l’après-guerre et l’abandon progressif des parcours, la forêt progresse encore en surface avec son cortège d’espèces spontanées (Pin sylvestre, Mélèze…).
Depuis, ces forêts font l’objet de soins attentifs et d’un entretien permanent pour la sécurité des routes, des habitations et des stations de ski.